Fine Island : sur l’Île de Ré, Camus fait du cognac un concentré d’océan

Sur l’Île de Ré, le raisin goûte la mer avant même d’être pressé. Embruns, iode, varech, vents du large : à peine cinq cents hectares de vignes, dont la moitié seulement destinée au cognac, mais un caractère que personne ne confond avec celui du continent. Camus a décidé de pousser ce parti pris jusqu’au bout avec Fine Island, un assemblage 100 % insulaire signé Julie Landreau, sa maître de chai. Un cognac pensé pour les cavistes, qui joue la carte de l’outsider dans une appellation où l’on cite plus volontiers les grands crus continentaux.

Le pari : accentuer ce que l’île a déjà de plus singulier

Plutôt que de lisser le profil du terroir, la Maison a choisi de l’amplifier. Les raisins de l’île, nourris de sols calcaires et sableux et constamment exposés aux vents marins, peuvent être jusqu’à cinq fois plus iodés que ceux du continent. C’est cette salinité naturelle qui sert ici de point de départ, et de fil rouge.

Julie Landreau l’explique sans détour : l’idée était de conserver les traceurs de l’Île de Ré que l’on aime retrouver, l’iode et la fraîcheur, en les accentuant, tout en apportant un côté boisé qui ne prenne jamais le dessus. Elle y voit le plus abouti des cognacs Île de Ré produits par la Maison.

Trois eaux-de-vie et un coup de chalumeau

La recette réserve quelques surprises. Elle assemble trois eaux-de-vie, toutes issues de l’île, aux rôles bien distincts.

La base est un cognac Île de Ré distillé sur lies, une méthode inhabituelle sur ce terroir mais devenue l’une des signatures de Camus, qui apporte de la profondeur aromatique. S’y ajoute une petite part de Dark and Stormy, puis l’eau-de-vie de Xynthia, un compte 10 employé comme bonificateur pour renforcer le côté salin.

Dernier ingrédient, et pas le moins spectaculaire : une partie du cognac vieillit dans des fûts de chêne soumis à la chauffe la plus intense. Le bois est travaillé directement au chalumeau, et le cognac y séjourne au minimum un mois. Chaque semaine, une dégustation décide s’il faut poursuivre ou arrêter. Le but : récupérer de la rondeur toastée, des épices douces et une touche de vanille, sans masquer l’iode.

Camus produit du cognac Île de Ré sur l’île depuis le début des années 2000. Cette référence reste l’expression brute du terroir, tandis que Fine Island en est la version la plus travaillée. Elle prolonge les recherches menées avec Île de Ré Double Matured et Dark and Stormy, en jouant sur l’intensité plutôt que sur la seule complexité de vieillissement.

L’abus d’alcool est dangereux pour la santé. À consommer avec modération.


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