Monmousseau Orfèvre 2020 : un Crémant de Loire qui rivalise avec les plus grandes bulles

Il y a des bouteilles qui s’imposent dès les premières notes. La cuvée Orfèvre 2020 de la maison Monmousseau appartient à cette catégorie. Un Crémant de Loire blanc de blancs extra brut, patiemment élevé en cave de tuffeau pendant trois à quatre ans, qui affiche une précision et une finesse de bulle que l’on attend d’ordinaire de bouteilles bien plus chères. A un prix largement abordable, c’est l’une des vraies bonnes surprises du rayon bulles de l’année, et une belle démonstration de ce que la Loire sait faire quand elle prend son temps.

Trois ans minimum dans le tuffeau, et souvent davantage

Tout ce qui fait le caractère et la finesse de ce crémant tient certainement à la patience comme souvent. Une fois assemblés, les vins reposent sur lattes pendant au moins 36 mois, parfois jusqu’à 48, en contact avec les lies de leur seconde fermentation. C’est ce long tête-à-tête qui affine la bulle, précise les arômes et leur donne cette délicatesse que seuls les élevages prolongés savent produire.

Le décor y est pour beaucoup. Monmousseau élève ses vins dans des caves creusées à même le tuffeau, à Montrichard, où la température reste constante autour de 12 °C et où l’humidité et l’obscurité sont idéales pour ce type de garde. Le chef de cave a même poussé la logique jusqu’au choix du verre : des bouteilles aux teintes foncées, pour protéger le vin de la moindre lumière.

Le travail d’un orfèvre, de l’assemblage au bâtonnage

Derrière la cuvée, on trouve Thomas Ragot, chef de cave et œnologue de la maison, qui a ciselé ce blanc de blancs dans le prolongement d’un savoir-faire transmis de génération en génération. L’assemblage associe deux cépages : le chenin, majoritaire, issu de sols crayeux qui lui donnent vivacité et longueur, et le chardonnay, qui apporte l’onctuosité.

Une partie du chardonnay est vinifiée en barriques de deux à trois vins, aux chauffes blanches et légères, pour offrir de la rondeur et une touche briochée sans masquer le fruit. À cela s’ajoute un long bâtonnage sur lies pendant neuf mois : les lies déposées au fond des cuves et des fûts sont remises en suspension à la main, ce qui donne de l’amplitude au vin et signe l’identité de la cuvée.

Dans le verre

Un or pâle qui accroche la lumière, avec cette pointe de dorure que donnent les longs élevages. Le nez évoque un jardin de printemps, fleurs blanches en avant, écorces d’agrumes confites en toile de fond. En bouche, tout se joue sur le contraste : une acidité citronnée, nette et éclatante, face à la rondeur toute délicatement toastée. Rien ne se relâche, la bulle reste caressante, la tension constante, et la persistance se prolonge bien après la dernière gorgée.

À l’apéritif comme à table

Sa fraîcheur naturelle en fait un excellent apéritif, mais c’est à table que cette cuvée révèle toute sa polyvalence. La maison recommande de la servir entre 6 et 8 °C, sur des saint-jacques, un brochet au beurre blanc, un magret de canard, un poisson de ligne ou une viande confite. Sa tension traverse un repas entier sans jamais l’alourdir (on rappelle que des bulles à table, c’est souvent une bonne idée).

Fondée en 1886, la maison Monmousseau est devenue une référence des fines bulles en appellations Touraine et Crémant de Loire. Elle domine le Cher depuis la cité médiévale de Montrichard, et ses caves troglodytiques accueillent également la Cave aux Lumières, un espace sensoriel qui mêle vidéo, peinture et son, haut lieu de l’œnotourisme ligérien. La gamme compte par ailleurs d’autres cuvées, dont la cuvée Ciselée, pour qui voudrait prolonger la découverte.

L’abus d’alcool est dangereux pour la santé. À consommer avec modération.


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